
Cela faisait bien longtemps qu'on attendait un nouveau Disney. Un vrai. D'accord, il y a eu "La Princesse et la grenouille" en 2009 avec un retour à la 2D inattendu. Mais, avant cela, les studios n'avaient plus sorti une franchise de qualité depuis au moins Tarzan - je ne compte pas les Pixar. Disney s'était tourné vers des suites sans saveurs (Lilo et Stitch 2, Tarzan 2...) usant jusqu'à la moelle le concept qui n'apportait pas grand chose à l'histoire originale. Les quelques tentatives d'incursions dans les films d'animation ont été marquées par des semi-échecs (voire même des échecs complets). Bref, il était temps de faire quelque chose et de redonner un souffle à ce studio d'animation mythique.
John Lasseter, réalisateur des deux premiers Toy Story, a remis un peu d'ordre et les studios se sont relevés les manches pour nous sortir ce Raiponce qui est à la fois le 50ème film des studios Disney mais également le premier en 3D.
Raiponce est un conte inspiré d'une histoire des frères Grimm. Les studios Disney ont opté pour une adaptation un peu plus libre. Jugez plutôt :
Lorsque Flynn Rider, le bandit le plus recherché du royaume, se réfugie dans une mystérieuse tour, il se retrouve pris en otage par Raiponce, une belle jeune fille à l’impressionnante chevelure de 20 mètres de long. L’étonnante geôlière de Flynn cherche un moyen de sortir de cette tour où elle est enfermée depuis des années. Elle passe alors un accord avec le séduisant brigand… C’est le début d’une aventure délirante bourrée d’action, d’humour et de sentiment, au cours de laquelle l’improbable duo va rencontrer un cheval super-flic, un caméléon à l’instinct de protection surdéveloppé et une bande de voleurs très « bruts »
Tout d'abord, je tiens à signaler que j'ai assisté à une projection en avant-première en 2D même si j'avais vu la bande-annonce en 3D il y a plusieurs semaines de cela.
Commençons par la technique. Artistiquement, le film est beau. Mieux que Shrek qui a toujours été "grossier" dans tous les sens du terme. C'est largement mieux que certains films d'animation qui sortent depuis quelques temps. Les expressions des visages sont très bien restituées et j'y ai retrouvé à plusieurs reprises cette magie Disney. Celle qui faisait passer les émotions par les expressions du visage. C'est une utilisation intelligente de l'animation qui est là pour enrichir l'histoire et non pour servir d'artifice. C'est propre et c'est beau. Le film trouve un parfait équilibre à ce niveau.
Et le reste alors ?
J'ai été surpris. En bien.
On sent une réelle volonté d'un retour aux sources, à l'univers Disney. C'est ici l'idée même qu'on se fait du conte. Certaines influences et références à d'autres films sont présentes : le cheval fera pensé à l'âne de Shrek (mais avec un humour et un comportement bien plus travaillé et moins bête), la scène et la chanson de la barque m'ont ramené à Aladdin, la "mère" de Raiponce nous rappelle la belle-mère de Blanche-Neige, la Belle et la Bête... Mais ces références, parfois légères, n'enlèvent rien au charme du film. Raiponce, c'est avant tout un subtil mélange de technologie allié à des personnages charismatiques, riches, dotés d'un humour parfois ravageur (en particulier les seconds rôles les plus présents que sont le cheval Maximus et le caméléon). Au travers de l'humour, on sent une réelle spontanéité de la part des personnages. Ils ne se forcent pas, ils sont eux-mêmes, se livrant, se découvrant. Les scènes d'action et davantage romantiques ont leur place sans tomber spécialement dans le "too-much".

La sorcière (ou mère adoptive de Raiponce) est le personnage le plus sombre, qui déversera sa noirceur grandissante au fur et à mesure de l'histoire. Bien sûr, nous ne sommes pas dupes. Ses tentatives de masquer sa personnalité au travers d'un second degré parfois blessant, nous donne envie d'aider la pauvre Raiponce au vu de la précarité de sa situation. Faisant tout ce qui lui est possible afin de garder Raiponce, elle mentira, la piégera, lui montrera par des preuves évidentes qu'elle sera à l'abri des hommes dans sa tour et pourra, à son aise, profiter de son éternelle jeunesse. Cette méchante femme rappellera sans doute la belle-mère de Blanche-Neige ou Scar du Roi Lion dans son discours trompeur.
Les quelques longueurs présentes dans le film ne seront dues qu'au travers des chansons parfois un peu niaises. On est bien sûr loin des musiques du Roi Lion ou d'Aladdin qui resteront en tête, mais elles sont globalement satisfaisantes. Disons qu'elles s'intègrent à l'univers du film mais ne sont pas inoubliables et parfois dispensables.
Pour finir, Raiponce est avant tout un retour aux sources chez Disney. Un film riche dans son humour, dans son message, dans sa qualité visuelle et trouve ici un très bon équilibre entre les différents éléments sans jamais tomber dans la facilité. C'est un film pour tous. Pour ceux qui veulent retrouver une partie de cette âme propre aux Disney (ils n'ont plus qu'à continuer dans cette voix). Et enfin, pour ceux qui veulent passer un agréable moment. Les enfants y trouveront leur compte comme les adultes.







3 commentaires:
Hé ben, je comptais pas du tout le voir, les derniers disney m'avaient complètement déçue, et j'en ai marre qu'ils pillent les classiques... Mais avec ta critique, je me pose la question merci graadounet :)
Eh bien, je me demande si je ne regarderai pas le DVD à l'occase quand il sera sorti ^^ J'avoue que la Bande annonce m'avait donné envie, mais ta critique m'attire ^^
De rien, si ça peut rendre service. :)
J'étais fort sceptique après la bande-annonce d'être invité pour l'avant-première de ce film.
Mais j'ai été agréablement surpris et je me suis bien marré pendant 1h30. :p
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